La Photographie n’est pas qu’une question de Clic…

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PEUX-T’ON SE PASSER DE LA POST-PRODUCTION EN PHOTOGRAPHIE ?

Dernièrement j’ai posté une de mes photographies sur un réseau social. Une réaction est remontée sur le principe que l’appareil photo ne fait pas le Photographe, mais que néanmoins il joue quand même sur le résultat final.

Oui et non. Même si vous avez la meilleure marque du marché, il faudra toujours passer par la post-production pour obtenir un résultat final magnifique… Par exemple vous n’obtiendrez jamais le résultat ici obtenu sur cette photographie, juste en appuyant sur le déclencheur d’un LEICA M8.2, celui que j’ai utilisé pour cette photographie.



Avec le numérique la photographie s’est entourée de merveilleux outils, les logiciels de retouche d’image. En argentique le procédé existait déjà. Je salue par ailleurs l’exercice. Il consistait lors de « l’impression » de la lumière sur le papier à l’aide d’une tireuse, de cacher, souvent à la main, certaines parties du papier photo. Cela permettait d’ajouter plus ou moins de la lumière sur les parties de l’image désirées. Et bien entendu, d’ajouter des ombres. Aujourd’hui c’est beaucoup plus « facile » mais beaucoup plus long, puisque les logiciels de retouche nous permettent aussi d’aller vraiment beaucoup plus loin. Quand je dis facile, c’est une façon de parler, lorsque l’on considère qu’il faut passer par de grandes formations, pour comprendre le concept d’un logiciel puissant de retouche d’image. Par exemple à partir de cette image, j’aurai pu transporter mon modèle dans le temps pour l’insérer dans un environnent futuriste… Ce que je n’aurais jamais pu faire en argentique et quand bien même un photographe aurait tenté par une surimpression de deux négatifs l’un après l’autre sur la tireuse de réaliser cet effet, ce dernier n’aurait jamais égalé les traitements de post- production actuels. Placé un sujet dans un contexte différent de celui de son contexte d’origine est une pratique très courante de nos jours, et les résultats sont époustouflants. Désolé Roland Barthes… La photographie a bien changé…

Je pense qu’un bon appareil photo sert de base. Il me semble que c’est le terme approprié, pour ensuite continuer à travailler sa photographie. Un travail comme celui que vous voyez, prend trois journées complètes de post-production. C’est le prix à payer pour arriver à ce résultat. Mais selon moi, cela en vaut vraiment la peine. Lorsque je souhaite idéaliser une situation en photographie, tout d’abord je travaille sur mon modèle. J’améliore tout. Quand je dis tout, c’est jusqu’à aller améliorer une poussière qui pourrait gêner en gros plan mon travail. C’est un vrai travaille de « restaurateur » pour moi. Puis j’entre en relation en tant que Peintre avec mon image. J’enlève tous les défauts, je joue avec les teintes, j’assouplie les zones qui le demandent. Tout est travaillé au millimètre… Et c’est un vrai plaisir. Contrairement à la doxa générale, le travail de post-production n’est pas une contrainte. Mais un vrai plaisir de retouche, de créativité. Le photographe qui fait cette approche comme je la fais, devient le temps de la retouche un vrai peintre. J’ai par ailleurs fait beaucoup de peinture, c’est un sujet que je connais bien… Seul les photographes qui travaillent à la chaîne trouveront la post-réduction contraignante.

Un photographe qui se vantera alors d’avoir réalisé une très belle photographie sans retouche est malhonnête. Des grands photographes se sont vantés de cette démarche, et je peux vous dire que c’est faux. Après le travail sur le modèle, il y a le travail, sur la lumière et bien entendu sur les ombres. Sur cette photographie, il serait impossible d’obtenir toutes ces belles ombres associées aux parties plus relevées sur le modèle, sans la post-production. La « cuisine » pour ce genre de processus est assez compliquée de plus. Mais une fois les outils maitrisés, il est alors possible d’ajuster vos effets selon votre vision finale de la photographie. A titre d’exemple, si on devait quantifier le nombre de retouche en nombre de click pour réaliser les retouches faites sur cette photographie, et là encore ce n’est qu’une approximation raisonnable, il faudrait largement arriver à un chiffre à trois zéro compris dans les doigts d’une main.

Alors non, l’appareil ne fait pas la photo. C’est le photographe qui l’a fait, d’une part à la prise de vues, et je ne parlerai pas ici du travail d’Auteur, qui est un travail qui peut prendre beaucoup de temps, pour développer un point de vue original. Puis d’autre part c’est la post-production qui continu et fini, et en grande partie, la photographie. Prétendre le contraire serait à mon sens prétentieux… Tout appareil photographique n’est qu’une base sur laquelle s’appuyer. Et bien évidemment, plus vous aurez du matériel de qualité, plus vous aurez de bonnes bases.

Cette photographie a été réalisée avec la Participation de Kim Maï BONNIER – Modèle et Comédienne

Avec un LEICA M8.2.
Plusieurs éclairage PROFOTO
Plusieurs modeleurs Elinchrom
Dernière version de Photoshop
Dernière version de capture One

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